Beartooth dévoile Pure Ecstasy : Et la thérapie devient chaos
28 août 2026Vous qui me lisez, si vous pensiez siroter tranquillement tout le long de cette fin d’été, posez immédiatement ce mojito tiède. Aujourd’hui, 28 août 2026, Caleb Shomo et la horde Beartooth, propulsent leur sixième ogive via Fearless Records. Alors, on va commencer par éliminer les poncifs du genre. Non, ce n’est pas un énième « album de la maturité ». Beartooth nous sert un shot concentré de Pure Ecstasy, une véritable schizo-déferlante qui vous disloque les cervicales sans la moindre sommation.
Fini de jouer à cache-cache avec ses démons
Après avoir squatté les sommets du Billboard avec The Surface, le groupe aurait pu se reposer sur ses lauriers et faire du surplace. C’était sans compter la capacité de Beartooth à sans cesse surprendre son audience. On fonce droit dans le mur avec Eyes Closed, rechignant à enrober ses plaies sous une couche de compositions radiophoniques. (Et oui, on peut dire que la tornade Beartooth s’est transformée en véritable Ours-agan…). Épaulés par l’expérience de shamans du son comme Jordan Fish et Misha Mansoor, le groupe a pondu des riffs ciselés dans le granit. C’est lourd, c’est gras, ça a la subtilité d’un BFG 9000 dans Doom, mais paradoxalement, ça donne l’impression viscérale de s’arracher de la boue pour se sentir Beautiful Again. Des hymnes massifs, construits sur mesure pour fissurer le béton des Stadiums.
La vulnérabilité au lance-flammes
Dans cette essoreuse émotionnelle, le frontman crache ses poumons pour être enfin Free. Ne vous attendez pas à ce qu’il baisse les yeux ou lâche un Sorry de circonstance ; la politesse de façade, on la garde pour les déjeuners chez belle-maman. Épaulé par son line-up en béton armé (Oshie, Connor, Zach et Will), il accepte de passer son propre ego à la centrifugeuse, de faire le deuil de ses certitudes — ce douloureux Lose You To Find Me. L’objectif final ? Tisser un lien poisseux, frontal et indéfectible avec You, ce public qui scande ses textes à pleins poumons depuis l’époque des caves de l’Ohio.
Bilan des fractures avant le live
Cet album est un manifeste pensé For Me By Me, un exutoire d’un égoïsme follement libérateur, qui s’achève sur le silence assourdissant de la victoire : à travers les crises d’angoisse et les nuits blanches, ils ont survécu, ils ont Made It.
Bref, 38 minutes de catharsis en intraveineuse. Gardez un peu de cartilage intact d’ici la rentrée, car le 1er octobre prochain à l’Élysée Montmartre, avec Silverstein et Kingdom of Giants en embuscade, la fosse va se transformer en véritable décor de Mad Max. Et au fond, peu importent nos cernes creusées, nos doutes ou nos angoisses du quotidien, qu’y a-t-il de plus salvateur que de finir broyé contre une crash-barrière, les poumons en feu, communiant avec des centaines d’inconnus ? Le live, bordel, il n’y a que ça de vrai. On se capte dans la fosse.
TRACKLIST :
- Pure Ecstasy
- Eyes Closed
- Bullshit
- Beautiful Again
- Stadiums
- Free
- Sorry
- Lose You To Find Me
- You
- For Me By Me
- Made It
STYLE : Metal Moderne
DUREE : 38 Min 28
LABEL : Fearless Records


