DELIVERANCE – The Voyager Golden Banquet : Aller simple pour un buffet cosmique à volonté !
5 juin 2026 0 Par Erwan MeunierThe Voyager Golden Banquet – Chronique – Houston, nous n’avons aucun problème ! Ça n’est clairement pas ce qu’on attend de cette réplique, destinée ici à titiller votre curiosité. Toutefois, si la vie terrestre nourrit vos pulsions d’évasion intersidérale, une option n’impliquant pas de financer la folie autoritaro-raciste d’Elon Musk est à portée de main, enfin, d’oreilles.
Le quatuor parisien Deliverance vient de propulser son quatrième effort bien au-delà de la stratosphère. The Voyager Golden Banquet, paru le 22 mai chez Les Acteurs de l’Ombre, est l’aller simple pour l’espace qui manquait à cette année 2026. Ne vous méprenez pas, ce “banquet doré” ne vous imposera pas un barde dénué de talent ou deux obsédés de sangliers mal cuits.

The Voyager Golden Banquet
Et ce nouvel opus en est le témoignage le plus palpable. C’est qu’il a coulé beaucoup d’eau sous Duneau. (désolé,c’est sorti tout seul), dont la performance vocale habitée, inspire à s’en aller rejoindre les plus lointaines étoiles. Les lignes de basse de Sacha Février, nom prédestiné, jettent quand à elle, un voile polaire sur des titres se jouant de l’auditeur en le prenant sans cesse au dépourvu.
C’est qu’il a coulé beaucoup d’eau sous Duneau.
Viken Poulain, jeune étalon cosmique, dernier passagé de l’ovni Deliverance; habite l’espace derrière les fûts, frappant l’auditeur en façade sans relâche. Deliverance tente “Sarthou pour le tout”. (Je vous ai dit qu’en plus j’ai pas honte de moi…) Nous propulsant dans leur odyssée galactiques où leur ADN black metal fricote sans aucun complexe avec un post-rock teinté d’un psychédélisme. La bande son habitée d’un roman d’Asimov, Bradbury ou K. Dick.
C’est un billet pour les étoiles qui ouvre l’album. « Hellisual« , ascenseur, moins effrayant que celui de la série Fondation ; nous propulse du long de ses huit minutes, à la hauteur idéale pour apprécier la suite.
The Voyager Golden Banquet

TRACKLIST :
01. Hellisual
02. Chasing The Dragon
03. Headspace Collapse
04. Turn On, Tune In, Drop Out
05. As Above, So Below
06. Ground Zero
07. The Banquet part. 1
08. The Banquet part. 2
DUREE : 42 Min 58
DISCOGRAPHIE :
The Voyager Golden Banquet (2026)
Neon Chaos in a Junk-Sick Dawn (2022)
Holocaust 26:1-46 (2020)
CHRST (2017)
Doomsday, Please (EP – 2013)
Dès la formation de ce laboratoire, collectif intersidéral avant-gardiste, en 2013 ; le tandem fondateur, Etienne Sarthou (guitare) et Pierre Duneau (chant, claviers) n’a pas une fois songé à s’imposer des barrières.
The Voyager Golden Banquet – « Chasing The Dragon« , course-poursuite haletante
« Chasing The Dragon« , brillerait comme bande son d’une course-poursuite haletante d’un film de Tarantino jouant les cosmonautes ; vient confirmer ce sentiment qui me prend à chaque sortie des parisiens. Deliverance se fait désirer, se savoure, se dévoile dans une écoute aussi attentive que précieuse. Leur musique se nimbe de couches fines, elle-même tissée de subtilités que seul une écoute sanctifiée de calme permet de libérer.
Ici, ni lézard bipède, ni petit gris aux orbites démesurées. Un maelstrom d’émotions se saisit de l’auditeur. Un tourbillon de particules s’invitant sans scrupule sous la peau, pilosité dressé comme dans le frigo d’un supermarché. Et que dire de ce climax de clôture, de deux titres s’imbriquant l’un à l’autre dans une ultime étreinte dark sludge. Matière noire absorbant toute lumière alentour, sans suffire à éteindre les nappes de clarté distillées dans l’espace temps de ces presque 9 minutes de ‘The Banquet’.
Neon Chaos in a Junk-Sick Dawn (2022) nous abandonnait, assommé par une vague visqueuse et pesante ; dont on peinait à se libérer. Ici la balance entre lumière et matière noire, entre nappe cosmique, vibration de voix claire et apothéose saturée, distille encore une faible touche d’espoir.
Bref, Deliverance nous délivre (oui, je l’assume jusqu’au bout celle-là) d’un quotidien lugubre et blafard, avec 42 minutes d’une expérience hallucinogène, sans risque de tests salivaires pour franchissement de ligne blanche, la seule difficulté étant de redescendre après ce voyage.mouvementé. Si la difficullté est trop grande, seule solution, réécouter The Voyager Golden Banquet.
Note de la rédaction : 42 / 42 (La réponse ultime sur la vie, l’univers et le reste, évidemment).
LINE-UP :
Pierre Duneau (chant, synthétiseurs)
Sacha Février (Basse)
Etienne Sarthou (guitare, backing vocals)
Viken Poulain (batterie)

