À l’improbable, rien d’impossible ! Ou découvrir Foggy Bottom et Avalanche, sans (presque) bouger de chez soi.
12 juin 2026 0 Par Erwan MeunierFoggy Bottom et Avalanche, deux formations dont j’ignorais à peu près tout il y a encore une semaine, se produisaient lors d’un concert privé ce vendredi 5 juin, concert se déroulant à 3 minutes de chez moi.
Toute cette histoire commence par un poke Facebook. Un truc dont je pensais l’extinction aussi ancienne que celle du parti socialiste. Mais passons, c’est Kristof d’Opium du Peuple, ayant fait le lien géographique entre la soirée et mon domicile, qui me recommande le groupe et l’événement. Il se propose de me mettre en lien avec les Foggy qui se trouvent être des amis à lui. Et, s’agissant de recommandation musicale, j’écoute toujours les siennes avec grande attention.
Ma curiosité titillée, de fil en aiguille, le contact se fait avec David des Foggy, et ainsi, ce vendredi 5 juin, après avoir parcouru les quelques mètres me séparant des lieux, j’arrive chez Vincent, professeur de batterie de son état, doté d’un local en sous-sol plutôt bien insonorisé. C’est là que les Foggy Bottom, tout droit venu de Thionville, ouvrent la soirée pour les parisiens d’Avalanche
Foggy Bottom ouvre la soirée
Quelques salutations rapide à la petite vingtaine de personne présentes, et les Foggy Bottom lancent les hostilités. Curiosité faisant, j’ai fait quelques recherches avant la soirée, et ainsi découvert que le groupe, formé en 1997, compte déjà quelques albums, visiblement bien accueilli tant par le public que la critique.




Leur Powerpop, se teinte de volutes shoegazes des plus réjouissantes. Les riffs se tordent en nappe aussi langoureuse que torturés évoquant, entremêlé, Sonic Youth, Les Pixies les Thugs et même l’ombre d’un Dao, tiré d’une ère révolue… Une multitude d’ambiances foisonnent dans ce mélange finement ouvré. Le tout fusionne en une griffe unique : l’identité sonore de Foggy Bottom. Réussir à se doter d’une identité propre, avec un chant en français dans un registre ou l’anglo-saxon domine encore, joli performance. Entre mélodies suaves, fausse naïveté et flirt assumé avec les codes du punk rock, les lignes touchent au cœur et soudent les morceaux. David possède l’une de ces voix qui marquent les tympans pour toujours.
Leur Powerpop s’orne de volutes shoegaze particulièrement plaisantes
Il commence à faire chaud dans ce local, bas de plafond, où les présents manifestent aussi abondamment que les lieux le permette, leur plaisir d’être là. C’est sur “Richard” que s’achève le set des Foggy Bottom, me laissant deux sensations antagonistes, celle du plaisir de la belle découverte, mêlé à celle d’un petit arrière goût de trop peu.
Tout le monde profite de “l’entracte” pour remonter se rafraîchir un peu, papoter, se sustenter, s’hydrater, fumer et pour certains, tout ça en même temps.! Au sous-sol, le changement de plateau s’opère tranquillement. Si la consigne est bien, fin de concert 22h, respect oblige pour le voisinage, les mouvements s’opèrent dans une forme de nonchalance que cette douce soirée de printemps contribue à accentuer.
Un mouvement général fini par s’enclencher, tout le monde redescend, le set d’Avalanche va commencer.
L’Avalanche attendue
Si j’ai également fouiné les internets pour en apprendre plus sur Avalanche, avant de venir. Ma récolte d’infos s’est révélée nettement moins fructueuse que pour les “arrières-trains” dans le brouillard
De bribes en bribes et par de savants recoupements, je situe la date approximative de création du groupe à 2019. Trio à l’origine, devenu quatuor à l’arrivée de Christelle Redouté, et qui s’est trouvé être initié par Paul Péchenard, multi-instrumentiste hyperactif, batteur entre autres casquette ; de Guerilla Poubelle.




Avalanche réunit Paul et Christelle au chant et à la guitare, leurs voix s’entremêlant ou se répondant selon les morceaux. Le duo est soutenu par la rythmique rigoureuse et puissante d’Esteban (basse) et Théo (batterie). Le groupe fusionne avec talent la poésie de mélodies vaporeuses et une énergie débordante et entraînante. Avalanche possède cette capacité de transporter le public dans une traversée aux émotions si diverses qu’elles semblent presque contradictoires.
…émotions si diverses qu’elles semblent presque contradictoires
L’harmonie entre les différentes couches de sensations est magnifiée par les textes. De véritables joyaux d’écriture qui viennent parachever l’oeuvre. J’ai parfois eu le sentiment, que la plume d’Avalanche présentait des parentés avec celle de Guerilla Poubelle. Les 35 minutes de leur performance semblent passer beaucoup trop vite. Dans la pièce, la température a encore grimpé de quelques degrés. J’en ressors troublés, touchés, indubitablement conquis par leur univers. J’ai grande hâte de les revoir sur scène, si leurs albums sont admirables, c’est indéniablement live qu’Avalanche révèle toutes ses couleurs.
Sans surprendre quiconque, je vous recommande instamment d’aller voir Foggy Bottom et Avalanche s’ils se produisent dans votre secteur.
Un grand merci à Vincent pour son hospitalité et pour cette superbe initiative de proposer des concerts dans ce format intimiste. Cela nous rappelle que la musique a tout à fait sa place dans des lieux exigus. Chapeau bas pour l’excellente acoustique de ton espace, qui nous a permis de savourer le talent exceptionnel des deux groupes à l’affiche.
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