HORSKH : Plongée dans la matrice d’un 4e album forgé dans la sueur et la technologie
6 octobre 2026Douze ans après la sortie de leur premier EP, le trio Horskh prouve qu’il n’a rien perdu de sa hargne. À l’occasion de la sortie de leur 4e album, Bastien s’est posé au micro de WARM TV pour décortiquer MTNT. Une œuvre qui repousse les limites du groupe, tout en questionnant notre rapport à une technologie de plus en plus envahissante. Une interview Warm TV

Le processus créatif derrière ce nouveau chapitre a été colossal. Comme l’explique Bastien, les premières compositions ont débuté il y a près de trois ans. (avant même la sortie de l’album Body.) Ce ne sont pas moins de 70 morceaux en gestation qu’il a fallu trier et affiner pour aboutir aux 10 titres finaux. Ce travail de longue haleine a permis au groupe de s’affranchir de ses propres barrières, poussant les curseurs vers des extrêmes assumés : des passages nettement plus violents côtoient désormais des envolées mélodiques et une influence grunge très marquée.
Horskh l’interview pour la sortie de MTNT
Pour canaliser cette énergie, Horskh a de nouveau fait appel à Thibault Chaumont. (déjà présent sur le mastering de Wire et le mixage/mastering de Body). La finalisation de l’album s’est déroulée de manière atypique, via des sessions en visioconférence. Une méthode qui a porté ses fruits. Thibault cernant parfaitement la direction artistique du trio et optimisant chaque fréquence pour maximiser l’impact sonore.
Mais Horskh, c’est avant tout une expérience live dévastatrice. Alors que la tournée démarre début octobre avec notamment un passage à La Maroquinerie en novembre, le groupe a retravaillé le son de chaque morceau pour s’adapter à l’acoustique des différentes salles et au matériel scénique. Mener de front la création visuelle, la scénographie lumineuse et la gestion d’une tournée est un défi majeur pour un groupe indépendant face à l’inflation des coûts. Pour y faire face, Horskh a structuré son environnement au fil des années, collaborant avec le tourneur Base Productions et montant son propre label en 2021 pour conserver une liberté totale avec des partenaires comme Bloodblast et Baco Distribution.
Enfin, ce nouvel album est traversé par une réflexion profonde sur la condition humaine face à l’essor de l’Intelligence Artificielle. Fan de science-fiction et de l’univers de Terminator, Bastien confie avoir utilisé l’IA dès 2024 pour générer la base de la pochette de l’album, retravaillée ensuite par un graphiste. S’il observe avec un œil critique (et parfois inquiet) l’évolution d’une technologie qui semble échapper à tout contrôle, il reste catégorique sur son processus créatif : la composition musicale doit rester un acte fondamentalement humain. L’IA deviendra peut-être un outil standard dans des logiciels comme Ableton, mais pour Horskh, l’âme de la machine sera toujours dictée par l’homme.
Horskh, retrouvé l’interview pour la sortie de MTNT
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